Agnès VERDIER-MOLINIÉ

Agnès VERDIER-MOLINIÉ

2035 : la France au service des Français ? [extrait]

Trente ans ou une éternité. La fin du XXe siècle s’était distinguée en France par la retraite à 60 ans et le ministère du temps libre, les nationalisations et l’extension du statut de la fonction publique aux personnels des hôpitaux et des collectivités locales. Après trente ans d’un État omniprésent dans l’économie française, la France a enfin assisté en 2016-2020 au reflux de l’État control freak tel qu’on le connaissait. Le ras-lebol était atteint et rapidement il a été clair que l’on ne pouvait pas consacrer l’intégralité de la richesse nationale à la dépense publique, qu’elle soit locale ou sociale. Alors, pour les Français, les élections présidentielles de 2017 ont permis de poser la question : et si demain on changeait tout ? L’union a été faite entre les professions libérales, les agents publics, les entrepreneurs.

Avant, on pensait que l’union sacrée était celle des partis politiques, mais c’est celle des Français de tous les secteurs qui a emporté la mise. La France publique et la France privée se sont retrouvées sur un même constat : elles ne voulaient pas aller dans le mur de la dette, des strates publiques, de la mauvaise organisation, de l’empilement des lois et des aides sociales. Une fois que les élus politiques ont compris que toute la France refusait le déclassement et le chômage pour tous, les principales réformes ont été appliquées avec le bon sens que l’on est en droit d’attendre.

Ce n’était pas gagné d’avance mais tout est allé très vite ; au lieu des cent jours, les principales réformes avaient été calées en trois semaines à peine. Tout de suite les vieux tiroirs de l’Administration s’étaient rouverts et avec eux leur cortège d’impossibilités et de montagnes bureaucratiques à franchir. Et puis le Président et le Premier ministre ont tapé du poing sur la table. Ils avaient été des adeptes des réformes à petits pas, mais ils ne retomberaient pas dans le panneau une énième fois.
Depuis lors, la fuite en avant des dépenses publiques a été stoppée en plafonnant les dépenses publiques à 50 % du PIB à partir de 2022. Le vote du budget en déficit a été prohibé en période de croissance. Chaque euro dépensé est désormais évalué systématiquement par la Cour des comptes. La Cour évalue et le Parlement sanctionne et n’hésite pas à supprimer les organismes qui doublonnent. La fiscalité des Français s’est allégée grâce au Conseil des prélèvements obligatoires, composé majoritairement d’entrepreneurs et de citoyens, qui s’est attaqué à la complexité fiscale et a réduit le nombre de taxes de 360 à 100. […]

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