Corinne LEPAGE

Corinne LEPAGE

Écologie, numérique, éthique : les impérieux défis [extrait]

Le jeu de la prévision est toujours dangereux dans la mesure où rien ne se passe jamais comme cela avait été annoncé. Toutefois, des connaissances que nous pouvons avoir aujourd’hui en 2015, nous pouvons déduire trois révolutions dont l’agencement conditionne les conditions de vie dans vingt ans.

Tout d’abord, des enjeux environnementaux majeurs qui, d’accessoires aux questions économiques et sociales, vont devenir prioritaires et indissociables de ces questions, le premier enjeu est probablement la question climatique qui va impacter considérablement, et sans doute déjà dans les vingt ans qui viennent, nos conditions de vie au sens le plus large du terme. Modifications climatiques, événements extrêmes qui affectent de plus en plus de monde et qui financièrement deviennent de plus en plus coûteux, changement dans les capacités de pro duction en raison du réchauffement, crises alimentaires à répétition, conséquences sanitaires du changement climatique liées aux espèces invasives venues des tropiques dans les zones traditionnellement tempérées et effets sur la santé humaine du réchauffement ; à cela s’ajoutent la question des réfugiés environnementaux qui va devenir un enjeu géostratégique tout à fait essentiel et bien entendu celle des matières premières dont la rareté ne fait que croître.

Mais la question climatique n’est pas la seule. La destruction de la biodiversité avec la sixième extinction et la toxicité des produits chimiques utilisés en particulier dans le domaine alimentaire avec les pesticides vont devenir des enjeux de santé publique majeurs en raison de la croissance des maladies liées à ces produits mais aussi des effets catastrophiques sur le sol, les eaux, les espèces animales et végétales.

De manière plus générale, la pollution de l’eau, de l’air, des sols en particulier dans les pays émergents et émergés – à commencer par la Chine – va atteindre des niveaux insupportables tant sur le plan sanitaire que sur le plan politique.

Enfin, les catastrophes industrielles (nucléaires et chimiques) jointes aux catastrophes naturelles (qui le sont de moins en moins) vont se succéder, attestant d’un manque de maîtrise sur les procédés technologiques et entraînant des coûts, qu’ils soient humains ou financiers, de plus en plus intolérables. Tous ces sujets, traités jusqu’à présent de manière très marginale, vont devenir le sujet majeur entraînant ipso facto une transformation inévitable et incontournable de nos modèles économiques, de nos modes de vie et même de notre manière de penser et de nous penser dans le monde. […]

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