Laurent SCHWARTZ

Laurent SCHWARTZ

La médecine de demain : plus simple et plus puissante [extrait]

Le propre des oracles est de se tromper. D’où ces phrases à sens multiples que seuls des hommes d’une très grande intelligence pouvaient déchiffrer. Les Grecs savaient aussi que les Pythies divaguaient parfois et que, si elles ne revenaient à la raison, il fallait mieux les faire mourir.

Je ne lis pas dans l’avenir mais j’ai de fermes convictions. Je vais là écrire ce que je vois dans le futur, c’est là une opinion, vous l’avez compris, pas une certitude. Comme chacun, je me trompe, mais je serai surpris d’avoir vu faux.
En matière de médecine, notre mythologie est fausse et, de surcroît, nous avons oublié le réel et fui nos responsabilités.
Commercialiser des médicaments de plus en plus onéreux pour un bénéfice (si bénéfice il y a) minime ne peut aussi que mener à la catastrophe.

Comme je l’évoquais dans mon livre Cancer. Guérir tous les malades ? « les « plans cancer » français ou américains se suivent et se ressemblent. L’industrie ronronne. En réalité, elle est au bord du gouffre. Sur les vingt sociétés pharmaceutiques les plus importantes, pas une seule n’a moins de trente ans. Aucune des start-up dont les journaux nous vantent, chaque jour, le dynamisme, n’est venue bouleverser l’ordre établi. Alors que parallèlement l’effort de recherche est intense, le pipeline qui amène les nouveaux médicaments de la recherche fondamentale au malade est désespérément vide. À défaut de pouvoir vivre de leur propre génie, pour survivre, ces sociétés pharmaceutiques se dévorent les unes les autres. Exit Rhône-Poulenc®, Roussel-Uclaf®, Synthélabo ®, Upjohn®, Smith-Kline®, Beecham®, Pharmacia®, Hoechst®… Les survivants sont à la fois riches à milliards et impuissants ».

Nous vivons une bulle financière, celle de la haute technologie. Comme d’autres bulles avant elles, celle-là finira par exploser.
Le cancer n’est pas un drame parmi d’autres. C’est au nom du cancer que la haute technologie a pris son essor, que des dizaines de milliards ont été investis. Aujourd’hui, il est clair que cette approche à la fois dispendieuse mais aussi toxique pour les malades a fait chou blanc. Le contraste est saisissant entre un budget des agences de santé grevé par des thérapeutiques hors de prix et des résultats cliniques décevants. Au risque d’oser la vérité, la mortalité par cancer n’a que peu changé depuis cinquante ans. […]

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