Pascal PERRINEAU

Pascal PERRINEAU

La démocratie en 2035 : un avenir incertain [extrait]

La démocratie en 2035 n’est pas garantie. On le voit bien : dès aujourd’hui nombre de citoyens de nos démocraties expriment leur désarroi et leur méfiance vis-à-vis d’un système qui n’est plus paré de toutes les vertus qu’on pouvait lui accorder au sortir de la seconde guerre mondiale et de l’épanouissement des autoritarismes qui l’avaient accompagnée. Au coeur même des démocraties des populismes autoritaires se développent des demandes ; d’autres systèmes politiques se font jour. La démocratie est fragile et nous ne devons pas confondre l’extension de la démocratie à la surface du globe avec l’approfondissement de celle-ci.
La démocratie renouvelée de 2035 devra être à la fois une démocratie plus modeste et pratique, une démocratie qui aura retrouvé le sens du temps long, une démocratie recentrée sur son coeur de métier et ne s’épuisant pas à vouloir tout faire et, enfin, une démocratie recentrée sur les vrais enjeux du XXe siècle : l’Europe, la mondialisation, l’identité et le rapport à l’autre.Dans vingt ans, quatre quinquennats se seront déroulés et les souvenirs de l’élection présidentielle de 2017 appartiendront au passé. Le jeune citoyen qui accède aujourd’hui à la majorité électorale aura 38 ans et sera pleinement inséré dans une vie professionnelle et personnelle. Les premiers rôles politiques qui sont à l’avant-scène auront beaucoup vieilli : François Hollande aura 81 ans, Nicolas Sarkozy 80 ans et même le jeune Premier ministre, Manuel Valls, atteindra 73 ans.

De nouvelles têtes, de nouveaux citoyens, de nouveaux comportements feront vivre notre démocratie. Quel sera le visage de celle-ci ? Et d’abord, serons-nous toujours en démocratie ?

En effet, certains observateurs notent que sous les coups de boutoir de la défiance politique qui ne cesse de monter, la démocratie n’apparaît plus toujours comme un avenir désirable, et certains appellent même de leurs voeux le retour de l’homme fort et de régimes autoritaires. La démocratie telle qu’elle s’est réinstallée au sortir de la seconde guerre mondiale est un régime plus fragile qu’on veut bien le croire et la perspective d’un « hiver de la démocratie », comme le nomme Guy Hermet, n’est pas une perspective absurde. Tout processus démocratique est réversible et plusieurs analystes contemporains insistent sur la fragilité démocratique et même peut-être sur la « fin de la démocratie ». […]

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