Robert STAHL

Robert STAHL

Éducation nationale : des ruptures nécessaires [extrait]

La dernière enquête PISA – Programme international de suivi des acquis –, parue en février 2035 dernier, classe de nouveau la France en tête quant à son système éducatif. Régulièrement, les responsables politiques de l’éducation de nombreux pays visitent la France pour comprendre comment ce pays s’y est pris, afin d’insuffler les réformes nécessaires au bon fonctionnement de leur propre système éducatif. Le présent texte fait écho des principaux constats des experts de la commission internationale PISA.

Ce qui a changé en 2035
Des établissements où la pédagogie et le travail en équipe sont au centre

Ce qui étonne beaucoup, pour ceux qui ont gardé en mémoire le fonctionnement sclérosé du « système » français du XXe siècle, que d’aucuns considéraient comme non-réformable, c’est la place centrale faite dorénavant à la pédagogie, alors qu’au XXe siècle étaient privilégiés à tous les niveaux les sacrosaints « savoirs », que ce soit :
– dans le recrutement des enseignants : ils devaient tous être bac + 5, 6 ou 7 dans leur discipline sans jamais avoir « appris » ni « travaillé » sur la pédagogie ;
– dans les différentes étapes de leur parcours : des examens tels que le CAPES ou l’Agrégation n’étaient que des examens purement académiques, sans liens directs avec le « métier » d’enseignant ;
– et dans le descriptif de la plupart des célèbres « programmes » de l’époque.

Le message principalement passé et qui transpire en permanence chez toutes les personnes que nous avons rencontrées est que l’enseignant est dorénavant « celui qui sait oublier qu’il sait », car c’est à l’apprenant… d’apprendre ! De même, le travail collaboratif entre les enseignants est devenu incontournable.

Dans l’école maternelle et primaire que nous avons visitée, la notion de talent individuel, quel qu’il soit, est hyper-valorisée, que celui-ci soit lié à une pratique dite « scolaire » ou qu’il relève d’une pratique sportive ou artistique (peinture, musique, poésie, théâtre, vidéo…) ou d’un savoir-être particulier…

Visitant un collège, où les « classes » traditionnelles ont disparu, celui-ci bruisse telle une ruche : chaque élève est responsabilisé sur son parcours, travaille à certains moments seul, sur informatique ou sur document, travaille également en équipe de 2 à 5 en « dynamique-projet » sur des sujets mobilisants, participe à des « rencontres » rassemblant 50 à 80 de ses collègues et 2 enseignants sur un apport particulièrement utile, par exemple quant aux « méthodes d’apprentissage ». Ils se retrouvent parfois par binôme où le « meilleur » travaille avec le « moins bon » pour réussir ensemble. Cette dernière approche a un triple intérêt : les élèves apprennent nettement plus vite, cela cultive la solidarité entre eux, et chacun est amené à comprendre que l’autre ne comprend pas de la même manière que lui, premier pas vers un apprentissage par chacun de… la pédagogie ! La « ruche » bruisse aussi à l’extérieur de l’établissement, hors les murs, car les travaux individuels et collectifs des élèves se relient à de multiples « sources » : la nature, le monde agricole, les entreprises, la culture, la vie de la cité… L’ouverture se fait aussi « à l’intérieur » : des parents, véritables partenaires, participent bénévolement à un certain nombre d’activités. […]

N’oubliez pas :

Vous pouvez réagir en laissant un commentaire !